Patrimoine bâti et territorial
Interactions entre lieux et usagers

Mandat de l'Office fédérale de la santé publique (OFSP) Délégué radon de l'OFSP pour la Suisse romande

Arguments de l'OFSP pour la formation dans le domaine du radon dans les écoles de génie civil et d'architecture des HES de Suisse alémanique

Eléments à présenter :
o introduction sur le risque du radon
o situation en Suisse
o objectifs de l'OFSP
o nécessité de collaboration des centres de formation
o situation de la formation sur le terraindans les régions
o formation dans les écoles du bâtiment
o extension de la démarche auprès des HES de Suisse alémanique
o proposition d'organiser un cours de formation pour les formateurs

Introduction sur le risque du radon
Le radon représente le polluant domestique le plus cancérigèneplus grand risque de cancer du poumon lié à l'environnement parmis les substances chimiques cancérigènes. Ainsi on admet, selon les enquêtes épidémiologiques les plus récentes, qu'une concentration de radon dans l'habitation de 100 Bq/m3 augmente le risque de cancer du poumon de 10 %. Au terme de l'ordonnance fédérale de la radioprotection, mise en vigueur en 1994, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) est en charge de la protection de la population contre ce risquele radon.

Situation en Suisse
Au cours des 15 dernières années l'OFSP a organisé, avec la collaboration des cantons, des campagnes de mesure du radon dans les habitations. La valeur moyenne est en Suisse de 78 Bq/m3, ce qui fait de la Suisse un pays concerné par le radon. Des valeurs élevées ont été mises en évidence dans plusieurs régions de notre pays, en particulier dans les cantons des Grisons, de Glaris, du Tessin, de Berne, du Jura et de Neuchâtel. Le nombre de maisons où l'on s'attend à un dépassement de la valeur limite de 1000 Bq/m3, valeur à partir de laquelle un assainissement est exigé, est estimé à 5000.

Objectifs de l'OFSP
Les objectifs que s'est fixé jusqu'en 2014 l'OFSP pour la protection de la population contre le radon sont l'assainissement de tous les bâtiments présentant une concentration de radon supérieure à 1000 Bq/m3 et la réduction de la valeur moyenne par une prise en compte du radon dans les nouvelles constructions.

Nécessité de collaboration des centres de formation
Ces objectifs sont ambitieux et ne peuvent être atteints qu'avec la collaboration de tous les milieux concernés par cette problématique et en particulier le milieu du bâtiment. A cet égard la formation des professionnels du génie civil et de l'architecture dans le domaine du radon revêt une grande importance.

Situation de la formation sur le terraindans les régions
Dans le cadre d'une collaboration avec l'OFSP, des programmes de formation des professionnels du bâtiment dans les zones à concentration accrue de radon ont été organisés. Ces cours, d'une durée de trois jours et orientés vers la pratique des assainissements, ont donné lieu à une reconnaissance de la part des HES concernés (Tessin, Grisons, Fribourg).


Formation dans les écoles du bâtiment
Comme indiqué ci-dessus, l'OFSP juge que les objectifs fixés ne peuvent être atteints que par une collaboration active des centres de formation des métiers du bâtiment. Suite aux contacts avec l'EIA (Ecole des ingénieurs et architectes de Fribourg), la problématique du radon a été mise au programme de cette institution depuis quelques années. La collaboration avec l'OFSP dans cette phase d'introduction s'est avérée très intéressante au niveau du transfert des connaissances.

Extension de la démarche auprès des HES de Suisse alémanique
L'objectif de la présente démarche est l'introduction de la problématique du radon dans l'enseignement dans les centres de formation HES en génie civil et en architecture en Suisse alémanique. Au stade actuel on envisage l'organisation d'un cours destiné aux enseignants des centres concernés. Ce cours, de quelques jours, pourrait être pris en charge et financé par l'OFSP. Le cours serait basé sur l'utilisation de la large documentation rassemblée par l'OFSP sur le thème du radon, en particulier du guide technique, à l'attention des p
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ATEQUAS

Le quartier soutenable : vers une cohabitation intense et diverse
La notion de développement durable soulève la question de l'utilisation démesurée des ressources épuisables dans une période de croissance démographique accélérée et d'augmentation de la durée de vie. En Suisse, le défi de la réalisation des quartiers soutenables est la conciliation de la nécessité de densifier, de la diversification des intérêts et du désir du maintien des qualités de vie élevées, souvent associées à un habitat individuel proche de la nature, mais gourmand dans l'utilisation du terrain constructible. De ce constat découle la question centrale pour l'évolution soutenable des quartiers suisses : comment habiter ensemble, malgré nos différences, pour mieux utiliser le terrain et ses ressources ?
La réponse du projet Ra&D ATEQUAS, mené dans le cadre du programme « Smart city » de la HES-SO, est un type de quartier avec un habitat collectif accueilli par des formes de densité diversifiées et optimales, valorisant l'héritage historique et les qualités et contraintes du terrain, avec des affectations adaptées à la population du quartier, utilisant d'une manière efficace les ressources et interdépendant avec les quartiers avoisinants et la commune dont il fait partie. La cohabitation dépend d'une mise en balance des désavantages et des avantages de la densification. La densification est vue plutôt come une source de menaces potentielles : promiscuité et conflits, diminution de la sphère privée et du confort d'usage, perte du contact avec la nature, de la sécurité et de la tranquillité, diminution de la valeur du terrain pour les propriétaires voisins. La recherche ATEQUAS rend perceptibles les avantages d'une densification optimale et diversifiée : la satisfaction simultanée des intérêts de plusieurs profils de population, la possibilité de choisir entre une vie plus anonyme ou plus collective, l'accès à une plus grande diversité de services de proximité, un meilleur usage du terrain et du cadre de vie, un fonctionnement optimal des infrastructures techniques et de transport, un potentiel plus élevé de créativité et des liens plus forts avec la commune qui augmentent la capacité de faire face au changements futurs.
Les résultats d'ATEQUAS sont deux cadres théoriques et pratiques :
a. Un outil d'évaluation globale de la performance soutenable d'un quartier existant qui prend en compte l'ensemble de ressources matérielles et immatérielles utilisées, internes et externes, et l'ensemble des résultats matériels et immatériels du fonctionnement du quartier, positifs (plus-value) et négatifs.
b. « Conduite de projets de quartiers soutenables » (CoProS) est un processus itératif et négocié qui vise la réalisation d'un cadre de vie nouveau avec des formes et degrés de densité variés répondant aux intérêts de sa population cible et qui est favorable à la cohabitation intense et diversifiée des humains et de la nature, tout en utilisant un minimum de ressources épuisables. CoProS précise les enjeux majeurs, les moyens principaux (groupés sous la forme de scénarios urbanistiques et architecturaux) et la gouvernance qui s'organise en boucles de conception itératives par un rapprochement graduel de la demande et de l'offre.

Espace urbain, nature et climat : comprendre les interrelations et anticiper les changements pour améliorer durablement la qualité de vie en ville.

L'environnement urbain influence le bien-être physique, social et mental des habitants. En Suisse comme ailleurs, les principaux centres urbains sont soumis à une forte pression de densification aussi bien pour des raisons économiques (attraits des centres, concentration des activités) qu'en lien avec la LAT (loi sur l'aménagement du territoire). Les perspectives climatiques montrent que les évolutions seront exacerbées en environnement urbain. Les arbres urbains sur lesquelles les politiques misent pour tempérer le climat sont déjà fortement impactés. Les fortes contraintes à venir doivent être comprises et anticipées dès maintenant vue la durée de vie des aménagements et plantations.

Les mesures obtenues sur le terrain avec le microclimatmètre développé par hepia dans plusieurs grandes villes suisses ont permis de mettre en évidence des situations que l'état des connaissance ou de modélisation ne sont pas en mesure d'expliquer. Par exemple :
' pourquoi l'arbre ne contribue-t-il pas toujours au rafraîchissement de la ville ?
' pourquoi les plans d'eau n'apportent-ils que rarement la fraîcheur escomptée ?
' comment s'assurer du bon usage des surfaces urbaines comme composante de la régulation climatique ?
' quelle contribution climatique attendre de la nature en ville ?

Afin de cibler au mieux les politiques climatiques et investissements consécutifs, aussi pour obtenir les services écosystémiques escomptés, il est indispensable de bien comprendre les mécanismes qui conditionnent le microclimat sous nos latitudes dans le contexte d'urbanisation en Suisse, et en particulier de mettre en évidence les conditions qui limiteront le développement des arbres en ville.

Pour répondre à cette demande, le projet MACADAM prévoit de :
' Réaliser des mesures microclimatiques détaillées.
' Documenter et analyser les contributions de chaque élément qui définit les espaces identifiés, à savoir : le végétal, l'eau, la matérialité et leur organisation spatiale.
' Etablir des indicateurs utiles pour apprécier le contexte microclimatique des personnes et du végétal.
' Rédaction d'un guide-référentiel qui illustre les études de cas et apporte des explications concises et factuelles sur le fonctionnement des éléments dans leur contexte urbain.

La finalité du projet consiste à contribuer à l'enrichissement des connaissances objectives sur les déterminants du microclimat urbain afin que les collectivités, urbanistes, aménagistes, architectes du paysage puissent efficacement mettre en 'uvre des mesures qui conditionnent positivement le bien-être des usagers de la ville à partir de connaissances solides et de références appropriées. La contribution de la nature est un élément fort de ces stratégies et ne sera efficace que si des conditions propices à son épanouissement seront rencontrées.
Architecture et énergie
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Energie et rénovation ' Méthodes et outils pour la rénovation énergétique des bâtiments

L'assainissement énergétique des immeubles d'habitation est un enjeu majeur de la stratégie énergétique 2050 de la Confédération suisse. Malgré la volonté politique, le taux de rénovation énergétique reste relativement limité et le rythme ne semble pas s'accélérer. Parmi les obstacles le coût des travaux, le faible prix de l'énergie, les difficultés techniques, les questions patrimoniales, la disponibilité de spécialistes qualifiés, ou la pénurie de logements.
Les interventions ponctuelles sans vision d'ensemble sont la norme. Lorsqu'un projet complet est mené à bien, il se résume souvent à une mise à jour des installations techniques, un remplacement des fenêtres et une isolation périphérique. Ces solutions peut-être valables sur le plan énergétique posent souvent des questions constructives, patrimoniales, de physique du bâtiment ou encore de durabilité.
Le projet eREN a mené un travail sur l'enveloppe des bâtiments basé sur une approche globale et interdisciplinaire cherchant le meilleur équilibre entre efficience énergétique, aspects constructifs et de physique du bâtiment, économie, co-bénéfices et co-pertes et valeur patrimoniale.
Les typologies constructives des bâtiments d'habitation collective en Suisse romande entre 1900 à 1990 ont été recensées.
Chacune de ces époques présente des caractéristiques architecturales et constructives propres. Quinze typologies (modèles) ont été identifiées, représentatives de la production de logements collectifs du 20e siècle en Suisse romande. Chacune est différente et mérite d'être considérée avec respect. Intervenir sur un bâtiment existant (même banal) présente des enjeux patrimoniaux': le bâti ordinaire a toute son importance dans la définition de l'identité de la ville. Et l'application de solutions insuffisamment réfléchies peut être à l'origine de nombreux problèmes.
Dix bâtiments représentatifs des typologies les plus courantes ont été sélectionnés pour faire l'objet d'une étude de cas. L'état existant a été analysé, puis une stratégie générale d'intervention a été choisie pour chaque cas':
- préserver les caractéristiques
- reconstruire les caractéristiques
- ajouter de nouveaux éléments ou modifier l'image

Plusieurs scénarios ont été développés pour chaque cas visant à répondre à la stratégie adoptée tout en satisfaisant aux exigences énergétiques fixées par la norme SIA 380/1 éd. 2009.
Chaque scénario a été testé en matière thermique dans une série d'allers et retours entre architectes et ingénieurs qui ont débouché pour chacun des dix bâtiments sur une solution satisfaisant les différents critères. Les scénarios ont été chiffrés afin de compléter l'étude sur le plan économique.
Tous atteignent les exigences normatives en préservant le caractère architectural quand cela s'imposait pour un coût comparable aux solutions plus communément mises en 'uvre, telles un crépi sur une isolation périphérique. Rénovation énergétique respectueuse de la substance architecturale du bâtiment à un coût abordable ne rime donc pas avec mission impossible. Ce résultat a pu être atteint grâce à une collaboration intense entre les différents spécialistes qui implique un investissement que souvent les propriétaires hésitent à consentir, bien qu'il ne représente qu'une fraction relativement faible du coût total.
L'étude montre aussi que les coûts d'une rénovation énergétique demeurent très élevés en regard des gains que l'on peut espérer réaliser sur l'économie d'énergie, au tarif actuel de cette dernière.
Il est vrai que le volet énergétique de la rénovation est souvent inclus dans un projet visant à revaloriser un immeuble qui nécessite de toute façon des travaux pour des questions de salubrité, de vétusté ou pour la mise en valeur d'un potentiel inexploité. Il n'en demeure pas moins que dans de nombreux cas où le bâtiment a été entretenu et où les perspectives d'augmentation des loyers sont faibles, une rénovation énergétique a peu de chances d'être entreprise, faute d'incitatio
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Energy District 2050 - Energie et rénovation 2 - Méthodes et outils pour la rénovation énergétique des bâtiments

Deux législations récentes vont profondément impacter le développement territorial, économique et social en Suisse ces prochaines décennies, la révision de la loi sur l'aménagement du territoire (LAT-2013) et la loi sur l'énergie (LEne ' 2017). La densification des centres urbains passe par la valorisation et la densification des structures existantes. Les interventions lourdes sur un immeuble étant rares, il semble absurde de densifier sans procéder une rénovation énergétique des parties existantes ou inversement. C'est pourtant ce qui se fait dans de nombreux cas.
Le projet eREN2, qui s'inscrit dans la continuité du projet eREN, a pour objectif d'étudier le potentiel de densification et les synergies possibles entre rénovation énergétique et densification sur un échantillon de 6 cas réels, tirés d'eREN, représentatifs de la production de logement collectif en Suisse romande au 20eme siècle.
En d'autres termes
' Quel est le potentiel réel de densification des principaux types d'immeubles existants, en termes structurels, réglementaires, spatiaux et constructifs ?
' La densification couplée à une rénovation permet-elle d'optimiser la consommation énergétique de l'immeuble par rapport à une rénovation énergétique simple ?
' L'ajout de nouvelles surfaces locatives permet-il de compenser le coûts des travaux de rénovation et d'agrandissement ?
L'objectif du projet n'est pas de proposer une nouvelle méthode d'évaluation pour des projets de densification, mais de comparer des scénarios de rénovation de l'enveloppe avec densification conformes aux pratiques du marché aux scénarios de rénovation énergétiques eREN.
La méthode (qui reprend pour l'essentiel celle du projet eREN) est basée sur une approche multicritère : cadre légal - architecture et usage'efficience énergétique - économie ' synergies et contraintes.
Six stratégies de densification (du remplacement des balcons aux agrandissements horizontaux et verticaux) ont été définies et une stratégie pertinente a été choisie pour chacun des cas d'étude compte tenu de ses caractéristiques. Cette stratégie a ensuite été analysée sous l'angle des critères réglementaires et constructifs, puis développée sous la forme d'un scénario de projet détaillé.
Le coût des travaux de chaque scénario a été chiffré et comparé avec le coût de la rénovation seule et avec celui d'un entretien usuel. Le même travail a été effectué en matière de consommation d'énergie pour le chauffage. Des fiches de synthèse résument les résultats pour chacun des bâtiments et complète l'approche globale eREN.
L'étude eREN2 a permis de vérifier qu'un travail conséquent est à mener au niveau des cadres légaux urbanistiques pour les aligner sur les objectifs de la LAT en matière de densification. L'étude relève que le potentiel de surélévation (en dehors des limites posées par les règles urbanistiques) est contraint par les considérations structurelles et parasismiques, ce qui limite souvent les surélévations à 2 étages. Les directives de protection incendie sont aussi un obstacle si le scénario fait basculer l'immeuble dans la catégorie « grande hauteur » (plus de 30 mètres), avec des exigences largement accrues pour la résistance structurelle, les voies d'évacuation, les matériaux, etc., souvent impossibles à satisfaire ou disproportionnées par rapport au projet de base.
Le projet démontre que la densification permet d'améliorer l'efficience énergétique par rapport à un assainissement simple, de manière peu spectaculaire, mais avérée. Elle a donc un sens dans la perspective de la transition énergétique. Pour l'ensemble des cas et par rapport au scenario de rénovation seule, la densification a permis de réduire le besoin de chaleur pour le chauffage par mètre carré tant en valeur pondérée pour l'ensemble de l'immeuble (en moyenne -16Mj/m2 an, -13%) que pour la partie rénovée seule (en moyenne -14Mj/m2 an, -12%).
Il démontre aussi que, passée au crible d'un calcul de rentabilité tels que ceux pratiqués par
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